Avec Mickey 17, Bong Joon-ho livre une œuvre de science-fiction résolument à part, aussi étrange que provocante. Ici, on n’est pas face à une SF « sérieuse » au sens classique du terme, où l’action pourrait presque se dérouler ailleurs sans changer grand-chose. Tout, dans Mickey 17, relève pleinement du genre : le contexte, l’époque, le lieu… mais surtout le traitement radicalement absurde de son sujet.
Sommaire
Un pitch aussi fou que dérangeant
Mickey est un type fauché, sans avenir, qui cherche désespérément à améliorer sa condition. Sa solution ? Se vendre entièrement. Pas vendre son temps, ni son corps par morceaux — non, littéralement se vendre jusqu’à la mort. Employé comme cobaye humain, il sert à tester des expériences vraiment douloureuses, jusqu’à être fatales. Mais ce n’est pas grave : tout le monde s’en fiche et sait qu’il va mourir… et être réimprimé dans un nouveau corps, un clone identique, prêt à subir le même sort.
Le concept est aussi inattendu que brutal, et pose très vite une question centrale : peut-on sortir de la roue du hamster, ou est-on condamné à répéter éternellement le même cycle, jusqu’à l’épuisement et la mort ?



Une satire existentielle sous couvert de SF
Sous ses airs de délire science-fictionnel, Mickey 17 fonctionne avant tout comme une satire sociale et existentielle. Bong Joon-ho explore la déshumanisation des classes pauvres, la marchandisation totale du corps et l’absurdité d’un système où l’individu devient jetable. Le ton oscille entre humour noir, malaise et réflexion philosophique, sans jamais chercher à rassurer le spectateur.
Robert Pattinson démultiplié
L’un des grands plaisirs du film reste la performance de Robert Pattinson, omniprésent à l’écran. Il incarne plusieurs versions de Mickey avec une énergie déroutante, jonglant entre naïveté, résignation et révolte. Le voir interagir avec ses propres doubles renforce à la fois le côté absurde et tragique du récit.
Visuellement, le film propose un univers froid, industriel, parfois volontairement oppressant, qui accentue la sensation d’enfermement et de répétition.




Un film imparfait mais marquant
Mickey 17 n’est pas un long-métrage que l’on a forcément envie de revoir en boucle. Son rythme inégal, son ton parfois lourd et son excès permanent peuvent diviser. Mais le voir une fois est une expérience franchement originale et stimulante, qui laisse des images et des idées en tête.
