Interview pour All the things you are, invité à Canneseries

Pour le tapis rose 2026 de Canneseries, la série All the Things You Are figurait parmi les œuvres invitées du rendez-vous « Fiction coréenne ».

Ici mon article qui retrace l’histoire de ce musicien qui essaye de se faire une place dans un univers aussi exigeant que compétitif.

Rencontre avec le public cannois

À cette occasion, le réalisateur Cho Chang-geu, le producteur Kim Soon-mo et l’acteur Kim Mo-beom ont rencontré le public cannois avant la diffusion de la série, et ont répondu à quelques questions lors d’un échange animé autour du projet.

Ils ont notamment confié que les deux acteurs principaux n’avaient malheureusement pas pu faire le déplacement, retenus par d’autres tournages. Parmi les anecdotes partagées, on apprend que lors de leur toute première rencontre, Kang Chan-hee a spontanément enlacé Kim Mo-beom, un geste simple qui a ainsi immédiatement créé un lien entre eux.

Le réalisateur a également expliqué avoir dû se plonger intensément dans l’univers de la musique classique, un domaine qu’il connaissait peu au départ. Il s’est particulièrement intéressé au répertoire français, très renommé.

Côté inspirations, il cite La La Land ainsi que la série Do You Like Brahms?.

Le producteur, quant à lui, connaissait déjà Cannes pour y être venu dans le cadre du marché des séries. Mais présenter sa propre création au festival représentait pour lui un rêve devenu réalité.

Tous trois m’ont également fait le plaisir et l’honneur d’accepter mon interview, et nous avons pu échanger avec simplicité et bonne humeur autour de All the things you are. Ils étaient accompagné de la directrice musicale Park Shinjung.

Regards croisés sur All the things you are

Avec le réalisateur Cho Chang-geun

Nuits coréennes : Cho Chang-geun, vous êtes à la fois scénariste et réalisateur de All the things you are. Quelle a été votre principale motivation pour donner vie à ce drama ?

Cho Chang-geun : J’ai l’impression que l’envie de créer cette œuvre musicale m’accompagnait depuis le début de ma carrière. À l’université, je faisais partie d’un groupe de jazz, et c’est là que l’idée de réaliser un film autour de cet univers m’est venue. C’est ce qui m’a finalement poussé à me lancer dans ce projet.

Nuits coréennes : Parlez-nous des prises musicales. On voit un orchestre jouer dans la scène d’introduction. Beaucoup de scènes de piano. Et un groupe de jazz. Est-ce filmé en live ? Est-ce un défi au niveau de la réalisation ?

Cho Chang-geun : Nous avons d’abord enregistré toute la musique en amont. Ensuite, sur le tournage, nous diffusions ces enregistrements pour filmer les scènes en parfaite synchronisation. Cela représentait un certain défi, mais tout avait été soigneusement préparé avec la directrice musicale.

Le rôle principal est interprété par Kang Chan-hee. On peut trouver de nombreuses vidéos de lui en train de jouer du piano, et il avait déjà incarné des rôles similaires. De plus, il est diplômé d’un lycée artistique, ce qui nous a fait penser qu’il maîtrisait l’instrument. Mais une fois le casting terminé, il nous a avoué qu’il avait uniquement travaillé le morceau du film et qu’il ne savait pas réellement jouer du piano — une sacrée surprise !

Il s’est donc énormément entraîné. Et comme certaines pièces classiques sont très complexes, nous avons utilisé une doublure pour les plans de mains.

Nuits coréennes : Vous étiez invité l’an dernier en tant que réalisateur pour Fasting love. Vous êtes déjà de retour cette année. Comment avez-vous réussi cet exploit ? Et avez-vous envie d’explorer autre chose maintenant ? Quels sont vos projets ?

ChoChang-geun : J’ai eu beaucoup de chance, et je suis très reconnaissant d’avoir reçu cette invitation. Venir deux années de suite est assez rare en termes de calendrier. Fasting Love a été tourné en 2024 et présenté l’an dernier, tandis que All the Things You Are avait été tourné plus tôt, en 2023, mais sa sortie a été retardée. C’est ce qui m’a permis d’être présent cette année également.

Pour la suite, je destine mon prochain projet au cinéma, et nous avons déjà terminé le tournage.

Avec le producteur Kim Soon-mo

Nuits coréennes : Kim Soon-mo, quel a été votre rôle dans la création de ce drama ? Et quels ont été les principaux défis de production sur un film indépendant comme celui-ci ?

Kim Soon-mo : Je suis le producteur exécutif du film. Lorsque j’ai découvert cette histoire, en recevant le scénario de Cho Chang-geun, j’ai tout de suite compris que la musique en serait l’élément central. Nous avons donc eu de nombreuses discussions à ce sujet et avons travaillé très étroitement pour sélectionner et composer les morceaux.

La préparation musicale a été très approfondie dès le départ, avant même de commencer le tournage.

Nuits coréennes : Dans le film, le héros espère une exemption militaire. En France, nous n’avons plus de service militaire obligatoire depuis bientôt 30 ans. Pouvez-vous nous expliquer les enjeux pour un Coréen ?

Kim Soon-mo : Le service militaire est un sujet très sensible en Corée. Pour le public français, il faut savoir que de nombreux jeunes artistes — acteurs, musiciens — sont très actifs sur la scène publique dès leur plus jeune âge. Pourtant, ils doivent interrompre leur carrière pour effectuer leur service militaire au moment même où ils sont le plus sollicités. (La conscription se fait entre 18 et 30 ans et dure entre 18 et 22 mois ndlr)

Cela suscite beaucoup de débats dans la société. Mais comme la Corée du Nord et la Corée du Sud sont toujours en situation d’armistice, il est difficile d’aborder ce sujet sur le plan politique.

Je pense que ce film reflète bien les préoccupations des jeunes aujourd’hui. Beaucoup ont essayé d’éviter le service militaire en invoquant des problèmes de santé lors des examens médicaux… mais cela n’a généralement pas fonctionné.

Avec l’acteur Kim Mo-beom

Nuits coréennes : Kim Mo-beom, je crois que vous connaissez le réalisateur depuis un moment déjà. Comment vous-êtes vous rencontrés ? Et comment s’est passée la collaboration avec le réalisateur Cho Chang-geun ?

Kim Mo-beom : À l’origine, nous nous sommes rencontrés dans un cours de cinéma donné par M. Kim. C’est en suivant ce cours ensemble que nous nous sommes rapprochés.

Travailler avec lui a profondément changé ma manière de voir le métier d’acteur et le cinéma en général. Il a beaucoup influencé ma vision. C’est un réalisateur que j’admire et respecte énormément, donc collaborer avec lui est un véritable honneur. Je me suis simplement dit que je devais faire de mon mieux pour être à la hauteur.

(Cho Chang-geun ajoute en riant : « Il embellit un peu la réalité ! En vérité, on s’est surtout rencontrés autour d’un verre ! »)

Nuits coréennes : Quelle a été la scène la plus difficile à jouer pour vous ?

Kim Mo-beom : Je suis totalement incapable de chanter et je n’ai aucun sens du rythme ! Pour me préparer au rôle, j’ai écouté énormément de musique. Mais malgré cela, j’avais beaucoup de mal à entrer dans le tempo. Dès que la musique démarrait, je devais me synchroniser pour faire semblant de jouer, et c’était extrêmement difficile. Et honnêtement… je n’y arrive toujours pas vraiment !

Un grand merci pour cette interview, que nous clôturons, toujours dans la bonne humeur, avec un selfie !

De gauche à droite: Kim Soon-mo, Park Shinjung, Kim Mo-beom, Nikki Terlon, Cho Chang-geun - Canneseries 2026
|De gauche à droite: Kim Soon-mo, Park Shinjung, Kim Mo-beom, Nikki Terlon, Cho Chang-geun à Canneseries 2026

J’espère que le public français aura bientôt l’occasion de découvrir All the things you are !

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