Dernière mise à jour le 23 février 2026
Avec Aucun autre choix (No Other Choice), Park Chan-wook signe un film déroutant et maîtrisé. Le point de départ est pourtant très sérieux : des licenciements massifs, la peur du chômage, la pression sociale et financière qui écrase peu à peu les individus. Un cadre réaliste, presque anxiogène… jusqu’au moment où tout bascule.
Principaux titres
Une famille standard vire dans l’absurde
Lorsque le personnage principal — un homme sans histoires, porte-parole improvisé de ses collègues — se retrouve lui-même licencié, le film quitte progressivement le terrain du drame social classique pour s’engager dans une spirale complètement délirante. Incapable d’avouer la vérité à sa famille, il invente des stratégies pour sauver les apparences. Sous la pression de la recherche d’emploi, son raisonnement dérape jusqu’à une idée aussi absurde que radicale : éliminer ses concurrents au poste convoité.





Le concept est fou, assumé jusqu’au bout, et traité avec un mélange déstabilisant de comédie noire, de satire sociale et de violence parfois bien gore. Le héros devient un apprenti meurtrier maladroit, chaotique, manquant clairement de méthode et d’expérience — ce qui donne lieu à des situations aussi gênantes que grotesques. Certaines scènes flirtent ouvertement avec le burlesque, voire le ridicule, tout en conservant un fond profondément dérangeant.
C’est là que No Other Choice déstabilise : il parle de sujets graves — chômage, compétition professionnelle, jalousie sociale, nécessité financière — tout en les traitant à travers un prisme absurde, cruel et parfois hilarant. Le ton oscille entre rire nerveux et violence inattendue, sans perdre sa cohérence.





La maîtrise de Park Chan-wook
La mise en scène est millimétrée. Park Chan-wook déploie des cadrages précis, un travail sur les lumières et les décors qui renforcent le sentiment d’étrangeté permanente. Chaque environnement semble participer à l’oppression psychologique du personnage principal.
Côté casting, c’est un sans-faute. Lee Byung-hun porte le film de bout en bout avec une justesse impressionnante. Il rend crédible cette descente progressive dans l’absurde et la violence. Les seconds rôles brillent également. Notamment Yeom Hye-ran, qui s’amuse visiblement dans un rôle haut en couleur, oscillant entre tragique et grotesque.
Adapté du roman Le Couperet (The ax) de Donald E. Westlake, le film assume pleinement son titre — No Other Choice — répété au long du récit comme une justification glaçante à l’injustifiable.
No Other Choice est un film imprévisible et provocateur, qui surprend autant par son fond que par sa forme. Une comédie noire féroce sur le monde du travail et la violence sociale, portée par une belle réalisation et un casting impeccable.
Un film à voir absolument, ne serait-ce que pour l’expérience singulière qu’il propose.
No other choice (Aucun autre choix, 어쩔수가없다) est un film de 2025 de Park Chan-wook, en 139 minutes.
Acteurs
Lee Byung-hun : Yoo Man-su
Son Ye-jin : Lee Mi-ri, la femme de Yoo Man-su
Lee Sung-min : Goo Beom-mo
Yeom Hye-ran : Lee A-ra, la femme de Goo Beom-mo
Cha Seung-won : Ko Si-jo le vendeur de chaussures
Park Hee-soon : Choi Seon-chul
Yoo Yeon-seok : Oh Jin-ho le dentiste
Scénario : Park Chan-wook, Lee Kyoung-mi, Don McKellar, Lee Ja-hye
Réalisation : Park Chan-wook
