Principaux titres
Un film qui marque
A Normal Family est clairement le genre de film dont on ne sort pas indemne. Parce qu’on se dit: et si ça m’arrivait ? Et moi, comment est-ce que je réagirais ?
Ce drame psychologique sud-coréen ne cherche pas à divertir, mais à mettre le spectateur face à ses propres limites morales. Une fois lancé, impossible de ne pas se projeter dans cette situation dérangeante.
Deux frères, deux visions du monde
Le film repose d’abord sur une opposition forte entre deux frères; ils ne se ressemblent pas du tout!
L’un du genre altruiste qui s’occupe de sa vieille mère maladie acariâtre, fait de bonnes œuvres en Afrique, et sauve des vies avec son scalpel.
Et l’autre matérialiste, avocat prêt à défendre n’importe quelle crapule pourvu que cela rapporte du pognon.
Le tableau est placé. Ce contraste fonctionne parfaitement pour poser le décor moral.
Oui mais… ils sont chacun parent d’un adolescent qui fait bonne figure en jouant à l’enfant modèle.
Et bing, ça bascule !





Quand les enfants dérapent : le vrai sujet commence
C’est à partir de ce moment que le film devient fascinant.
Quand les ados vrillent que se passe-t-il ? Et c’est vraiment intéressant de voir la façon dont le scénario met en avant les cheminements et les glissements qui se font dans la tête des protagonistes.
On observe les justifications qui apparaissent, les compromis moraux, la façon dont chacun redéfinit ses propres limites.
Le film entre dans l’analyse psychologique, rendant chaque décision… compréhensible ? dérangeante ?
Une mise en scène super bien faite
La réalisation est marquée par sa sobriété élégante : plans maîtrisés, tension installée lentement, ambiance froide et pesante.
Ce choix renforce l’impact émotionnel. La tension ne vient pas d’effets spectaculaires, mais de ce qui se joue dans les regards et les non-dits.






Une dimension culturelle à ne pas négliger
Un des aspects intéressants du film réside dans son ancrage en Corée du Sud.
La question morale dépasse le simple cadre familial : en Corée, la notion de lignée et de “sang” est fondamentale. Une faute ne touche pas seulement l’individu, mais toute la famille. La condamnation sociale s’étend aux parents, aux frères, sœurs… aux générations suivantes.
Cela donne une profondeur supplémentaire au dilemme.
Une question traverse le film : dénoncer son enfant, c’est aussi condamner toute sa famille.
On retrouve ça dans un certain nombre de dramas coréens, comme par exemple, dans le tout récent Phantom lawyer, où l’avocat est black-listé parce qu’il est fils de d’un juge condamné.

Un drame moral inoubliable
Au final, A Normal Family s’impose comme une réflexion morale profonde et universelle, un film qui pousse à se questionner encore après le générique.
En tout cas, ce film est prenant, avec un super scénario, qui surprend par son cheminement et qui ne laisse pas indifférent.
A Normal Family 보통의 가족 est un film de 2023 de Hur Jin-ho en 1h49. Sorti en France en 2025.
Casting
Seol Kyeong-gu : Yang Jae-wan, le frère avocat
Jang Dong-gun : Yang Jae-gyoo, le frère médecin
Kim Hee-ae : Yang Yeon-kyeong, l’épouse du médecin
Claudia Kim : Ji-soo, l’épouse de l’avocat
Hong Ye-ji : Hye-yoon, fille de l’avocat
Kim Jung-chul : Yang Si-ho, le fils de l’avocat