Ijin est un jeune mercenaire qui est le seul survivant d’un accident d’avion survenu dans son enfance. Il vient tout juste de retourner auprès de sa famille qui le croyait mort durant ses 10 ans d’absence. Ijin pourra-t-il mettre de côté son passé sombre et mener une vie normale de lycéen ?
High School Mercenary : Un début explosif et captivant
Coup de cœur immédiat pour les deux premiers tomes de High School Mercenary ! Découvert un peu par hasard lors d’une promotion (2 tomes pour le prix d’un — qui aurait pu résister ?), ce manhwa m’a accroché dès les premières pages. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’action ne tarde pas à pointer le bout de son nez.
|High School Mercenary Tome 1 – Michel Lafon – Sikku
High school mercenary entre directement dans le vif du sujet en nous présentant … au travers de sa vie dans un « pays étranger » où il exécute des missions en tant que mercenaire. On voit à quel point c’est dangereux, et à quel point il est doué. Dès l’ouverture, on fait la connaissance d’Ijin dans un contexte tendu et violent, chaque mission peut être sa dernière. On comprend rapidement qu’il ne s’agit pas d’un adolescent ordinaire : il est incroyablement compétent, calme sous pression, et d’une efficacité redoutable. Cette introduction met la barre très haut en termes de tension et de mise en scène.
Puis retour à la vie civile dans sa famille d’origine qu’il avait oubliée, puisque, oh surprise, il a perdu la mémoire. Bref, retrouvailles, on est content pour eux, et direction le lycée où il compte se fondre dans la masse.
Un scénario maîtrisé
Dans l’idée de reprendre une vie normale, notre ancien soldat se retrouve inscrit au lycée. Son objectif : passer inaperçu, s’intégrer, mener une existence paisible. Mais, évidemment, rien ne se passe comme prévu. Il découvre rapidement que sa sœur est victime de harcèlement scolaire. Du coup, notre super héros badass va tout faire pour mettre un terme à cette situation sans faire de vagues. Et bien entendu, ce n’est pas un simple cas d’intimidation ordinaire : la responsable est la fille d’un puissant homme politique, et donc intouchable. En face, la famille de notre héros, modeste, n’a aucun moyen de se défendre.
|High School Mercenary Tome 5 Michel Lafon
Ça fait cliché tout ça, mais on s’en fout. Pourquoi ? Parce que c’est super bien scénarisé. On est happé par l’histoire et on veut juste la suite. C’est bien écrit, rythmé, et surtout, addictif. On enchaîne les pages sans voir le temps passer, captivé par les choix du héros et les tensions.
Dans le second tome, l’intrigue s’étoffe encore. Une jeune héritière fait son apparition et vient bouleverser l’équilibre fragile qui s’était installé. Une nouvelle mission se profile, et cette fois-ci, notre protagoniste va devoir sortir de l’ombre. Son rôle de protecteur silencieux laisse malgré lui place à une intervention beaucoup plus directe.
|High School Mercenary – Michel Lafon
De l’action efficace
Alors, qu’est-ce qui rend cette série si efficace ? Tout, ou presque. Les dessins : les expressions, les scènes d’action, les décors… Les personnages sont bien construits, avec une vraie personnalité. Et surtout, l’histoire avance vite, avec juste ce qu’il faut de rebondissements, de suspense et de développement émotionnel pour qu’on s’attache aux protagonistes.
Aujourd’hui, huit tomes sont déjà disponibles en France, et franchement, il serait dommage de passer à côté. Que vous soyez amateur de récits d’action, de tranches de vie scolaires sous haute tension, ou simplement en quête d’un bon divertissement bien mené, High School Mercenary mérite toute votre attention.
|High School Mercenary Tome 7 – Michel Lafon – Sikku
Détails
High school mercenary Scénariste: YC Dessinateur: Rak Hyun Editions: Michel Lafon – Collection Sikku
KPop Demon Hunters est un film animé musical américain de 2025 en 100 minutes.
Le pitch
Rumi, Mira et Zoey, les chanteuses du groupe de kpop Huntr/x sont en fait des chasseuses de démon.
Et que ce passe-t-il soudain ? Un groupe de démon déguisés en chanteurs de kpop, les Saja boys, vient leur voler leur public !
KPop Demon Hunters : un concentré de pop, d’action et d’émotion coréenne
C’est un peu le phénomène animé du moment, et franchement, difficile de passer à côté. Avec un titre aussi extravagant que KPop Demon Hunters, on pouvait s’attendre à un concept farfelu ou à un coup marketing. Et pourtant, surprise : l’animé tient toutes ses promesses — et même plus. C’est drôle, rythmé, visuellement pétillant, et profondément ancré dans la culture coréenne.
|Sony pictures animation
Un univers visuel acidulé et inventif
Dès les premières minutes, on est frappé par la direction artistique audacieuse et assumée. Les couleurs explosent à l’écran : du rose flashy pour les démons (ça change!), des teintes sucrées dignes d’un magasin de bonbons, et des effets visuels dignes des meilleurs clips K-pop. Cette forte ambiance rose bonbon acidulé sert à merveille la tonalité du récit.
Les personnages sont un véritable point fort. Il sont les plus attachants de la planète, très vivants, leurs expressions faciales très animées.
Le trio de chasseuses de démons, toutes aussi stylées que singulières, crève l’écran. Elles sont à croquer ! Chacune a sa personnalité, son look, son énergie. On s’attache rapidement à elles, et il y en a toujours une avec qui on connecte plus. Pour ma part, j’ai un faible pour Zoey, mais vous aurez sûrement votre propre chouchoute !
Des démons aussi adorables qu’intrigants
Côté créatures infernales, là aussi, c’est une réussite visuelle. C’est carton plein, on les aime tous ! Les démons sont originaux, excentriques et… attendrissants. On aurait aimé qu’ils soient un peu plus développés, car ils mériteraient davantage de temps à l’écran, mais leur design et leur charisme suffisent à marquer les esprits. Et puis, il faut bien le dire: Jinu, le démon au charme ravageur, vole la vedette dès qu’il apparaît (en plus, il est doublé par Ahn Hyo-seop, pour les fans du drama Business Proposalqui a son propre clin d’oeil pendant le film).
|Sony pictures animation
La musique au cœur du récit
Impossible de parler de KPop Demon Hunters sans évoquer sa bande-son ultra-efficace. Les chansons, véritables hymnes de courage et d’espoir, ne sont pas là juste pour décorer : elles accompagnent l’action, renforcent les émotions et donnent envie de chanter à tue-tête. Les spectateurs sont unanimes, la BO cartonne dans les classements musicaux, et les fans s’en sont emparés à travers des challenges et covers sur les réseaux sociaux. Mention spéciale aux paroles inspirantes de “Golden”, qui résument bien l’esprit de la série :
« I’m done hiding, now I’m shining Like I’m born to be We dreaming hard, we came so far Now I believe We’re going up, up, up It’s our moment You know together we’re glowing »
Un humour tendre et décalé
L’animé regorge aussi de petits moments comiques savoureux, qui allègent l’intrigue sans jamais la tourner en dérision. Des cœurs dans les yeux aux pyjamas improbables (mention spéciale aux nounours et petits trains !), en passant par des pectoraux d’acier ou du pop-corn qui explose dans les yeux, des épaules qui remuent en rythme, tout est prétexte à sourire sans forcer. C’est un humour pop, tendre, qui colle parfaitement à l’univers kawaii-démoniaque du show.
Le tigre comme mascotte ajoute au charme.
|Sony pictures animation
Une immersion totale dans la culture coréenne
Bien que la version originale soit en anglais, KPop Demon Hunters respire la culture coréenne à chaque plan. Et c’est l’idée, puisqu’il s’agit de célébrer l’héritage culturel coréen. Vous allez prendre de la Corée plein les yeux !
L’action se déroule à Séoul, les enseignes sont en hangeul, et les références sont nombreuses : la tour Namsan, les saunas traditionnels, les rites funéraires, les vêtements d’époque façon Joseon, les fameux jeux télévisés, ou encore les casquettes transparentes portées par les ajummas. Le tout donne un vrai sentiment d’authenticité — un plaisir pour les connaisseurs, et une belle porte d’entrée pour les curieux.
Et bien sûr la nourriture : les gimbap, les nouilles instatannées, les banchan…
On retrouve aussi tous les codes de la K-pop : lightsticks, visual de groupe, maknae rappeuse ayant grandi à l’étranger, cheveux arc-en-ciel, tablettes de chocolat, et bien sûr, des titres ultra-accrocheurs comme “Soda Pop”, qui jouent la carte du cute à fond.
|Sony pictures animation
Une œuvre positive et inspirante
Le film vient avec son message de cacher qui on est vraiment, ou justement de se dévoiler au monde et de s’assumer. Il distille ses messages de force et de courage.
Ce qui fait la force de KPop Demon Hunters, au-delà de son style visuel et de ses références, ce sont ses personnages expressifs, ses messages positifs, et cette ambiance feel-good qui donne envie d’aller de l’avant. On y célèbre l’amitié, la persévérance, l’acceptation de soi et la force collective. Bref, c’est fun, frais, touchant, et surtout… ça fait du bien.
|Sony pictures animation
Acteurs
Cela dépendra de la langue dans lequel vous le regardez!
Scénario: Danya Jimenez, Hannah McMechan, Maggie Kang, Chris Appelhans Réalisation: Maggie Kang, Chris Appelhans
|The Present Co – Ahn Hyo-seop
J’ai regardé KPop Demon Hunters en 2025 sur Netflix.
Héros fragile (Weak heros class) 약한영웅 class est un drama de 2022 et 2025 en 16 épisodes.
Le pitch
Un garçon se fait harceler au lycée. Mais il finit par se faire des amis improbables, et les choses commencent à changer… ou pas.
|Netflix – trailer Saison 2
Weak Hero Class – Un drama coup de poing, aussi intense qu’addictif
Une série percutante
Weak Hero Class (Héros fragile) ne fait pas dans la dentelle. Ce drama coréen aborde sans détour le harcèlement scolaire, dans toute sa brutalité. Attention toutefois : certaines scènes peuvent être difficiles à regarder, tant la violence – d’abord psychologique en saison 1, puis plus physique dans la suite – est au cœur du récit.
Une première saison tendue comme un arc
Dès les premiers épisodes, la tension s’installe et monte crescendo. La série nous mène habilement là où on ne l’attend pas, multipliant les retournements de situation sans jamais tomber dans le cliché. Yeon Si-eun, incarné avec brio par Park Ji-hoon (Love Song for Illusion, At a Distance, Spring is Green), impose une présence froide mais captivante. À ses côtés, le personnage d’Ahn Su-ho (interprété par Choi Hyun-wook) apporte une dimension plus émotionnelle, à laquelle il est facile de s’attacher.
Impossible de rester de marbre : certains épisodes m’ont rendue franchement nerveuse. À tel point qu’à plusieurs reprises, je me suis surprise à mettre pause, incapable de continuer tant l’angoisse était palpable.
|Wavve
Une deuxième saison qui frappe encore plus fort
La suite ne déçoit pas. On y découvre avec plaisir un nouveau cercle d’amis de Si-eun (avec me mignon Choi Min-young de XO Kitty), soudé malgré les tempêtes. Le niveau de violence monte d’un cran : ici, chaque affrontement semble plus brutal, plus viscéral. On a l’impression de vivre le même principe que dans un jeu vidéo, où après avoir vaincu le boss final du premier niveau, on tombe sur un adversaire encore plus redoutable.
Un casting remarquable
Park Ji-hoon, justement, a reçu un prix bien mérité pour sa performance impressionnante dans ce rôle intense. À ses côtés, Ryeoun (Twinkling Watermelon, The Secret Romantic Guesthouse) livre lui aussi une prestation marquante. Et que dire des antagonistes ? Lee Jun-young glace le sang, tandis que Bae Na-ra, tout en subtilité, parvient à susciter une forme d’émotion inattendue. Une vraie réussite dans l’écriture des personnages.
|Netflix
Une série qui ne vous lâche pas
Les épisodes s’enchaînent sans qu’on voie le temps passer. L’histoire est si prenante qu’on veut toujours savoir ce qui attend les protagonistes. On tremble pour eux, on espère, on s’indigne… et on continue, sans pouvoir décrocher.
En résumé :Weak Hero Class est un drama fort, à la fois dérangeant et passionnant. Une œuvre qui ose, qui bouscule, et qui laisse une vraie empreinte. À réserver à un public averti, mais à ne surtout pas manquer si vous cherchez un récit intense, porté par des comédiens exceptionnels.
Acteurs
Park Ji-hoon : Yeon Si-eun Choi Hyun-wook : Ahn Su-ho Hong Kyung : Oh Beom-seok Ryeoun : Park Hu-min Choi Min-young : Seo Jun-tae Lee Min-jae : Go Hyun-tak Yoo Su-bin : Choi Hyo-man Bae Na-ra : Na Baek-jin Lee Jun-young : Geum Seong-je Lee Yeon : Yeong-i
Scénario:Yoo Soo-min, Kim Jin-seok Réalisation: Yoo Soo-min, Park Dan-hee
J’ai regardé Weak hero class 1 et 2 en 2025 sur Viki et sur Netflix.
Nouvelle page à Séoul (Our unwritten Seoul ) 미지의 서울est un drama de 2025 en 12 épisodes.
L’histoire de Nouvelle page à Séoul
Une jeune femme en proie à d’extrêmes difficultés dans son travail, échange de vie avec sa sœur jumelle.
Un k-drama qui marque l’âme
Ce drama m’a bouleversée. Il m’a véritablement touchée en plein cœur.
Le premier épisode démarre avec une certaine lenteur, comme c’est souvent le cas. Mais dès la seconde moitié, j’ai été complètement happée. Ce n’est pas seulement une série sur le harcèlement au travail – même si ce thème y est central –, c’est une plongée profonde dans la douleur invisible que vivent tant de personnes.
Le récit évoque avec justesse toutes les dimensions de cette violence insidieuse : l’impuissance, le silence face à une hiérarchie partiale, le doute qui s’installe (« Et si c’était moi le problème ? »), la rumeur qui enfle, l’injustice crue, et cette vérité qu’on refuse de croire. Le scénario m’a frappée par sa précision : il reprend point par point ce que tant de victimes ressentent. Un engrenage destructeur. Une humanité parfois bien cruelle.
|TvN
Un jeu d’acteurs d’une grande finesse
La série avance avec une certaine douceur dans le déroulement, mais avec une intensité émotionnelle remarquable. Park Bo-young est superbe. Elle incarne ses deux rôles – Mi-ji et sa sœur jumelle Mi-rae – avec une telle subtilité qu’il est impossible de les confondre. Son interprétation est précise.
Le drama aborde aussi la question du chômage, perçu comme un véritable stigmate en Corée du Sud, ainsi que le sentiment d’infériorité que peut ressentir une personne n’ayant pas fréquenté l’université, comme si ce parcours était la seule voie vers la réussite. C’est finement traité, sans lourdeur.
Une boucle narrative réussie
La mise en scène boucle avec intelligence sur les premiers instants de la série : Mi-ji, incapable de franchir le seuil de son appartement, fait écho à son ancienne supérieure, elle aussi enfermée dans sa chambre. Une belle symétrie, symbolique et touchante.
|TvN
Quelques réserves sur les derniers épisodes
L’épisode 10, centré sur l’histoire de Kim Ro-sa, m’a semblé déconnecté du fil principal. Trop long, il m’a sortie de l’intrigue sans m’apporter grand-chose. L’épisode 11 m’a également laissée perplexe. Pourquoi alourdir le destin de Ho-su avec un handicap supplémentaire, si tard dans l’histoire ? L’ajout semblait superflu. Cela m’a peinée, d’autant plus que je comprends parfaitement sa réaction : vouloir se retirer pour ne pas devenir un poids. Je ressens ce besoin moi aussi, cette peur d’entraver les êtres chers. Pourtant, quand la situation est inversée, lorsqu’une personne que j’aime est en difficulté, jamais je ne me sens freinée par elle. On s’adapte à l’autre, on fait autrement, ensemble.
Alors, face à Ho-su, j’aurais envie de lui dire : “Ce n’est pas grave, ce qui compte, c’est ce que vous ressentez l’un pour l’autre.”
Quant à l’épisode 12, il s’attarde sur la disparition de la grand-mère. C’est un passage joliment filmé, mais dont on aurait pu se passer. Ce n’est pas un moment inutile, mais il prend un peu trop de place.
|Netflix
Ce qu’on a aussi aimé
– Les mères râleuses, aussi fatigantes qu’attachantes. – Le garçon aux fraises, une petite touche poétique. – L’ex de Min-ji : détestable au début, profondément adorable ensuite. – La tendresse de Min-ji envers les aînés, sa grand-mère d’abord, puis Kim Ro-sa. – Cette phrase, simple mais puissante : « Yesterday is over, tomorrow is yet to come, today is yet unknown. » – Et une très belle bande son !
|TvN
Une série qui donne de la force
Nouvelle page à Séoul n’est pas l’œuvre la plus joyeuse qui soit, mais elle est bien plus qu’un simple divertissement. C’est une œuvre sensible, sincère, qui parle avec justesse de la souffrance, de la résilience, et de la capacité à se reconstruire. Un drama qui offre du courage à ceux qui en manquent, et de la lumière à ceux qui traversent l’obscurité.
|TvN
Acteurs
Park Bo-young : Yoo Mi-ji / Yoo Mi-rae Lee Jae-in : la jeune Yoo Mi-ji / Yoo Mi-rae
Jang Young-nam : la mère des jumelles Kim Ok-hee Park Jin-young : Lee Ho-soo
Park Yoon-ho : le jeune Lee Ho-soo Kim Sun-young : la mère de Lee Ho-soo, Yeom Beon-hong
Ryu Kyung-soo : Han Se-jin Moon Dong-hyeok : le meilleur ami de Mi-ji, Song Gyeong-gu Im Chul-soo : l’avocat Lee Chung-goo
Scénario: Lee Kang Réalisation: Park Shin-woo
J’ai regardé Nouvelle page à Séoul en 2025 sur Netflix.
Hiver à Sokcho est un film de Koya Kamura de 2024 en 1h44.
Le pitch
Un Français un peu mystérieux prend une chambre dans une pension de la ville sud-coréenne de Sokcho. Là travaille la jeune Soo-ha, qui sait seulement de son père qu’il était aussi Français.
Une curiosité mutuelle s’installe peu à peu.
Hiver à Sokcho – Deux solitudes sous la neige
Le film Hiver à Sokcho est une rencontre discrète entre deux êtres en quête de sens, perdus dans le froid lancinant d’un hiver gris. Il ne s’agit pas d’une romance, mais d’un croisement de trajectoires, d’un compagnonnage temporaire entre deux âmes qui se frôlent et s’influencent.
Deux personnages à la dérive
Roschdy Zem incarne un dessinateur français un peu décalé, presque sauvage, qui se consume dans ses phases créatives – au point de manger littéralement son encre. Face à lui, Bella Kim joue une jeune femme coréenne en pleine crise existentielle. Son quotidien l’ennuie, son travail dans une pension familiale ne la satisfait pas, et sa relation amoureuse semble sans avenir. L’arrivée de cet étranger va bousculer son inertie, réveillant des interrogations profondes sur son identité.
Le film choisit un rythme lent, presque contemplatif, pour explorer leur relation. Il s’attarde sur les silences, les regards, les hésitations. À travers cette proximité imprévue, chacun trouve peu à peu une résonance en l’autre, un miroir déformant mais révélateur.
|Diaphana
Une ville froide, presque fantomatique
Sokcho, dans sa version hivernale, ne fait pas rêver. Le quartier où se déroule l’intrigue est modeste, usé par le temps, loin de toute carte postale. Les personnages y errent, souvent filmés sur le même pont, comme prisonniers d’un décor monotone et gelé.
Et pourtant, pour ceux qui connaissent la ville en été, cette grisaille ne rend pas justice à ses paysages. Sokcho, sous le soleil, possède un charme indéniable : plages étendues, grande roue sur fond de ciel bleu, lumière éclatante sur les façades blanches du front de mer. Le contraste entre la réalité estivale et la version hivernale du film est frappant – presque frustrant.
Une ascension et quelques confidences
L’un des rares moments d’évasion a lieu lorsque les deux protagonistes empruntent le téléphérique du mont Seoraksan. Là-haut, entre légendes locales et réflexions intimes, ils se dévoilent un peu plus. La scène, bien que minimaliste, permet de resserrer le lien entre eux.
Dans la réalité, ce lieu est un incontournable pour les visiteurs : la vue panoramique sur Sokcho et la mer y est sublime. Mais dans le film, même ce moment de hauteur reste engourdi par le froid, et Roschdy Zem, bien emmitouflé, semble lutter pour ne pas laisser transparaître qu’il grelotte.
|Diaphana
Une tentative formelle inégale
Le long-métrage intègre à certains moments des passages en motion picture, un procédé visuel qui combine image fixe et mouvement. Malheureusement, cette expérimentation peut dérouter : plutôt que d’apporter une dimension poétique, ces séquences peuvent casser le rythme et briser l’immersion. En tout cas, elles m’ont laissée assez perplexe.
Conclusion : un film d’atmosphère, à la beauté fragile
Hiver à Sokcho est une œuvre contemplative, discrète, presque fragile. Il faut accepter son tempo lent, son économie de dialogues, et sa pudeur émotionnelle. Ce n’est pas un film spectaculaire, mais une méditation sur l’absence, le doute, et la quête de soi. Une parenthèse douce-amère, enveloppée dans le silence gris d’un hiver coréen.
|Diaphana
Acteurs
Bella Kim : Soo-ha Roschdy Zem : Yan Kerrand Park Mi-Hyeon : la mère de Soo-ha Ryu Tae-ho : M. Park Do-yu : Jun-oh Jung Kyung-soon : la tante
Adapté du roman éponyme d’Elisa Shua Dusapin Scénario: Koya Kamura, Stéphane Ly-Cuong Réalisation: Koya Kamura
Saviez-vous qu’en Corée, il est mal vu de se moucher en public ? Qu’il faut impérativement enlever ses chaussures en arrivant chez quelqu’un ? Que les Coréens nous trouvent incroyablement lents ? Qu’ils disent « je t’aime » beaucoup plus facilement ? Que les repas en cinq étapes apéritif-entrée-plat-fromage-dessert n’existent pas et qu’on peut voir n’importe quel médecin le jour même, sans rendez-vous ? Au fil d’une trentaine de courts épisodes, Yoon Yves nous raconte la vie en Corée en posant son regard drôle et incisif sur son quotidien en France. Découvrez la Corée comme vous ne l’avez jamais vue !
Illustratrice, Yoon Yves est originaire de Corée du Sud et vit à Quimper, où elle a étudié aux Beaux-Arts. Elle raconte ses aventures en France sur son compte Instagram @yoon_yves, où elle est suivie par près de 40 000 abonnés.
|Larousse
Bibimbap ou jambon-beurre : Les aventures d’une Coréenne en France !
Chronique d’un choc culturel illustré
Quelle belle surprise que cette BD signée Yoon Yves ! Jeune illustratrice sud-coréenne, elle a posé ses valises en France il y a plusieurs années pour y poursuivre ses études. Depuis, elle observe notre quotidien de Gaulois avec une curiosité amusée – et beaucoup d’humour.
Mais attention, quand on dit « France », il faut nuancer : Yoon Yves vit en Bretagne. Autant dire qu’elle a rapidement découvert ce que « climat océanique » veut dire. S’il elle s’était installée à Marseille, elle aurait peut-être compris pourquoi ici, « putain » s’utilise comme ponctuation. Mais laissons-la continuer son exploration du territoire…
|Larousse
Un régal pas seulement culinaire
Sa BD est un vrai régal : drôle, sincère, pleine de petites observations fines. Yoon Yves n’hésite pas à dire ce qui la surprend encore aujourd’hui – comme le fait qu’on entre chez les gens avec des chaussures sales (sacrilège en Corée !). Mais elle prend toujours soin de rééquilibrer ses propos en soulignant les bizarreries de son propre pays. Un échange de regards croisés, à parts égales.
Elle nous dévoile au passage plein d’aspects du quotidien coréen, et c’est souvent aussi instructif que drôle. J’ai éclaté de rire quand elle raconte à quel point les Français sont bavards à table – ou étonnée qu’on dise bonjour à tous les passants. Si, comme moi, vous avez vu quelques K-dramas, certains détails vous parleront : les adultes qui vivent chez leurs parents (et se font houspiller, voire gifler, sans broncher)… Mais bon sang, prenez un appart, les gars ! J’ai souvent envie de leur hurler ça à l’écran.
|Larousse
Le livre est découpé en petits chapitres thématiques, ce qui rend la lecture fluide et très agréable. Parfait pour picorer… ou tout dévorer d’une traite.
Bref, une BD pétillante, intelligente, et pleine de tendresse. Un regard extérieur qui nous en dit long sur nous-mêmes. À mettre entre toutes les mains – que vous soyez team bibimbap ou team jambon-beurre.
Détails
Bibimbap ou jambon-beurre ? Les aventures d’une Coréenne en France ! Auteure et illustratrice: Yves Yoon 144 pages Editions: Larousse
Rented in Finland 핀란드셋방살이 est un show télévisé de 2024-2025 en 10 épisodes.
Le concept de Rented in Finland
Quatre citadins passent un séjour de vacances en Finlande, un peu à la rude, et souvent sans internet.
Mon avis
La Finlande, c’est des paysages
Le programme est visuellement très chouette avec des paysages à couper le souffle. La production a choisi deux participants jeunes et deux un peu plus âgés. Il y a l’acteur Kwak Dong-yeon (Vincenzo) qui n’hésite pas à payer de sa personne à faire le pitre mais est aussi très débrouillard.
Le chanteur et acteur Cha Eun-woo (Astro, True beauty, Island) égérie des plus grandes marques de luxe qui a découvert avec sa maman comment cuisiner la semaine avant son départ. L’acteur Lee Je-hoon (Taxi driver), 41 ans, qui n’a jamais vécu seul et qui ne sait pas trop que faire de ses dix doigts s’il n’y a pas un téléphone au bout.
Et enfin, il y a l’acteur Lee Dong-hwi (Extreme job, The roundup : Punishment).
|TvN
Action zéro
Passé l’émerveillement des paysages et la découverte d’un environnement nouveau, il se passe assez peu de choses en Finlande. C’est un programme qui prend son temps. Mon mari a qualifié les participants de désespérants parce qu’ils ne sont pas vraiment dégourdis. Je trouve le commentaire assez injuste. Ma mère sait tout faire de ses mains, du tricot à la maçonnerie, mais me regarde avec des désespoirs quand je lui explique comment aller sur sa boîte mail. Trop compliqué me répond-elle d’un air penaud. Ce sont surtout des gens sortis de leurs habitudes et de leur zone de compétence qui découvrent une autre vie.
|Instagram Lee Jehoon
Les City boys, les 4 garçons de la ville
Alors les 4 City boys, sortis de leur ville hyper connectée, leur taux de survie en situation de danger ne semble pas fou fou. Ils dégagent effectivement un certain degré de ridicule, avec leurs chapeaux anti-insectes. On dirait qu’ils vont à la ruche récolter du miel. Et ils ne boivent que de l’eau filtrée. Si ça ne suffisait pas, ils lavent leurs légumes dans leurs réserves d’eau potable! Ils se promènent en botes en caoutchouc au lieu d’avoir de bonnes grosses chaussures de randonnée. On compatit Mais ce n’est pas leur faute s’ils n’y connaissent rien.
A leur décharge, ils semblent capables de progresser. Le plus dégourdi est Kwak Dong-yeon. Sauf quand il rame avec son bateau à l’envers. C’est super drôle. Mon mari était comme fou : « Il ne sait même pas ce que c’est qu’un bateau ! Il cule le bateau ! » s’énervait-il. Cha Eun-woo arrive, lui, à être beau en toutes circonstances. Les ‘’vieux’’ de leur côté font un peu pitié, c’est un peu trop pour eux tout ça, il leur faut leur sommeil.
|TvN
Le programme Rented in Finland est un bon moment dans la nature. Mais il ne faut pas attendre des situations incroyables, c’est pas Squid game non plus. Vous verrez des rennes et des husky. L’ours, on nous en parle ‘’sur la rive d’en face’’ mais on ne le voit pas 😉
Sans merci 광장 (Mercy for none) est un drama de 2025 en 7 épisodes.
Le pitch
Après un bain de sang, Nam Gi-jun avait promis de se tenir tranquille. Et c’est ce qu’il avait fait pendant 11 ans. Mais l’assassinat de son frère le fait revenir…
Mon avis
Une claque visuelle et nerveuse : plongez dans ce thriller coréen explosif
Préparez-vous, ça cogne fort et ça ne fait pas dans la dentelle ! Dès les premières minutes, la série met les choses au clair : ici, la vengeance est brutale, stylisée, et incroyablement bien mise en scène. So Ji-sub (dans le rôle de Nam Gi-jun) est impressionnant dans ce récit haletant, servi par une réalisation d’une grande finesse. Chaque plan est pensé, chaque lumière travaillée, et les couleurs donnent à l’ensemble une vraie signature visuelle.
Les combats ? Millimétrés, violents, viscéraux. En sept épisodes seulement, on en voit de toutes les couleurs (et surtout du rouge…). Entre membres tranchés, gorges perforées et autres joyeusetés, l’action ne faiblit jamais. Mention spéciale à la scène du meurtre à la hache : âmes sensibles s’abstenir.
|Netflix
Des scènes d’action qui envoient du lourd
Si vous avez vibré devant la scène culte du couloir dans Old Boy, vous allez être servis. Ici, on reprend le concept et on le pousse à fond : plus de personnages, moins d’espace, et un enchaînement de bastons inventives et nerveuses. Et pour les fans de Walking Dead, sachez que So Ji-sub manie la batte avec un style différent de celui de Negan, mais efficace. Frissons garantis.
|Netflix
Un casting cinq étoiles
Côté interprétation, c’est un vrai festival. Le gratin du cinéma coréen est au rendez-vous. Les vétérans imposent le respect : Huh Joon-ho (Escape from Mogadishu) et Ahn Gil-kang (Once Again) incarnent des chefs de gang fatigués mais redoutables. À leurs côtés, des noms bien connus comme Lee Joon-hyuk, Jo Han-chul ou encore Cha Seung-won.
La relève est tout aussi convaincante. Gong Myung (Extreme Job) campe un psychopathe imbu de lui-même, gonflé par l’influence de son père. Choo Young-woo (The Trauma Code) joue sur un registre plus froid et raffiné. Et Jung Gun-joo (The Secret Romantic Guesthouse) est aussi remarqué.
|Netflix
Et l’histoire dans tout ça ?
Oui, il y a une intrigue. Et pas juste un prétexte à la violence. L’histoire est dense, avec des factions, des enjeux croisés, et une vraie volonté de créer un univers crédible. Cela dit, on touche là à une limite fréquente dans les séries coréennes : c’est parfois un peu trop complexe, surtout pour un public non habitué.
Pour aider à s’y retrouver, chaque nouveau personnage est introduit avec un petit encart explicatif (fonction, affiliation, etc.). Bien vu, car entre les visages qu’on distingue mal les uns des autres au début, les costumes similaires et les noms interchangeables (Monsieur Cha ? Monsieur Kim ? Ah non, c’est la même personne…), on peut vite s’y perdre. Mais pas d’inquiétude : avec un peu de patience, on s’y fait, et on se laisse emporter par le rythme.
|Netflix- Image du making
En résumé ?
Moi qui suis plutôt du genre à me laisser attendrir par des romances et des histoires douces, j’ai été happée du début à la fin. C’est violent, c’est stylé, c’est intense. Et surtout, c’est une preuve de plus que la Corée du Sud sait faire des séries percutantes qui marquent longtemps après le générique final.
|Dazed
Acteurs
So Ji-sub : Nam Gi-jun Lee Joon-hyuk : Nam Gi-seok Jung Gun-joo : l’assistant de Gi-seok, Jeon Hae-bum
Huh Joon-ho : le chef de Juwoon, Lee Joo-woon Choo Young-woo : le procureur et fils de Lee Joo-woon, Lee Geum-son
Ahn Gil-kang : le chef de Bongsan, Gu Bong-san Gong Myung : le fils de Gu Bong-san, Gu Jun-mo
Lee Beom-soo : le pdg de l’entreprise de « nettoyage » Nclean, Sim Sung-won Jo Han-chul : Choi Sung-cheol
Scénario: Yoo Ki-seong d’après : Plaza Wars: Mercy for None de Oh Se-hyung, Kim Gyun-tae Réalisation: Choi Sung-eun
Dear Hongrang 탄금 est un drama de 2025 en 11 épisodes.
L’histoire de Dear Hongrang
Une riche famille de marchands recherche son enfant disparu bien des années plus tôt. Lorsqu’un énième prétendu fils se présente, cette fois-ci ils en sont tous convaincus : c’est bien lui. Tous sauf sa sœur Jae-yi, et le fils adoptif Mu-jin qui l’a remplacé et que ça n’arrange pas.
Mon avis
Une fresque visuelle et narrative captivante
Hongrang séduit autant par son récit que par son esthétique remarquable. L’histoire est solidement construite, avec une intrigue qui tient en haleine jusqu’au bout. On se laisse porter par les mystères et les révélations, entre drames familiaux, secrets d’identité et enquête artistique.
Visuellement, le drama est une véritable réussite. Chaque plan semble pensé comme une œuvre, avec des compositions si soignées qu’on rêverait d’en faire des affiches ou des fonds d’écran. Même les nombreuses scènes plongées dans l’obscurité bénéficient d’un éclairage maîtrisé, qui sublime l’image sans jamais perdre en lisibilité.
Les scènes de combat sont, elles aussi, impressionnantes. À la fois chorégraphiées avec finesse et d’une grande intensité visuelle, elles offrent de véritables moments de spectacle. J’ai adoré.
|Netflix
Héros et antagonistes
Les personnages, qu’ils soient du côté des héros ou des antagonistes, sont complexes et bien écrits. On s’attache à eux, même lorsqu’ils ne sont pas du bon côté. L’intrigue avance notamment grâce à deux enquêtes parallèles: l’une sur la véritable identité de Hongrang, l’autre sur celle d’un mystérieux peintre. Ces fils narratifs donnent du rythme et du relief à l’ensemble.
Côté romance, le lien passionnel et inconditionnel entre les deux protagonistes est fort… mais le moment du « déclic » amoureux m’a semblé un peu flou. Cela dit, ce sentiment n’altère pas la puissance émotionnelle de leur relation.
|Studio Dragon
Des bémols
Certains éléments scénaristiques, comme la folie du peintre, m’ont moins convaincue : j’ai toujours une préférence pour des antagonistes pleinement conscients de leurs actes. À ce titre, le personnage du père de Hongrang est une vraie surprise. Froid, manipulateur, il se révèle plus sombre qu’on ne l’imaginait.
Enfin, un mot sur la fin : elle m’a laissée partagée. En tant que romantique, j’aurais espéré une conclusion plus lumineuse. Mais les amateurs de drames puissants y trouveront sans doute une belle intensité émotionnelle.
Le drama S Line (S라인) est présenté en compétition au Festival International des Séries Canneseries 2025.
Je peux voir ta vie intime au-dessus de ta tête
Le pitch de S-line est super intriguant !
Depuis toujours, Hyun-hob – jouée par Arin – a la capacité de voir des lignes rouges relier entre eux des gens qui ont eu des relations charnelles ensemble, les S-line pour Sex-line. Elle déteste ça, et est devenue une recluse sociophobe. Mais une paire de lunettes qui permet de faire la même chose fait son apparition. Suite à quoi les cadavres s’empilent…
CANNESERIES – BANDE-ANNONCE / S LINE – Compétition
Acteurs
Lee Soo-hyuk : le détective Han Ji-wook Choi Ye-won (Arin) : la fille qui voit les lignes Hyun-hob Lee Eun-saem : la nièce du détective Nam Kyu-hee : une lycéenne pas très gentille Lee Da-hee : la prof Kyu-jin Lee Kwang-hee : Jun Seon Lee Han-joo : Yun Ji-na
Deux épisodes palpitants
Mais quel suspense ! À l’occasion du Festival International des séries, j’ai vu les 2 premiers épisodes de S Line, et je peux vous dire que le suspense est à son comble à la fin du 2ème ! Au tout début, le générique m’a assez choquée car il contient des images explicites qui m’ont fait m’interroger: C’est coréen, ça ?!! Ensuite, comme souvent dans les dramas coréens, ils prennent le temps de mettre l’histoire en place. D’ailleurs le début du 1er épisode m’a semblé un peu lent. La fille qui mange des pêches, le jus qui coule quand elle mord dedans… j’ai sûrement raté la ref. Si je n’avais pas eu l’habitude des premiers épisodes plus mous dans les séries coréennes, j’aurais pu laisser tomber à ce moment-là.
Et puis ça démarre pour de bon. Bonheur ! Malgré mes doutes du début, je mets un 10/10 général à ces deux premiers épisodes.
Le décor est planté, on a l’ambiance et les personnages principaux : – Arin traîne sa pâleur d’une scène à l’autre, d’abord en cheveux longs et lunettes de soleil, puis en cheveux courts et uniforme de lycéenne. – Lee Eun-saem, la nièce, a un changement d’attitude à 180 dégrés à partir du moment où elle met la main sur les lunettes magiques. – Lee Soo-hyuk, le tonton pourtant détective ne voit rien venir de ce qui est devant ses yeux. Il ne voit pas les bleus sur sa nièce ; il ne comprend pas ce que la femme du bar trouve d’intéressant à son carnet de notes. En voilà un qui aurait bien besoin d’une paire de lunettes !
C’est mystérieux, on des couvre les personnalités des protagonistes, on a une enquête policière…
Grâce à certains focus caméra, des personnages que l’on a peu aperçus ont du potentiel pour devenir intéressants et prendre plus de place dans l’histoire.
A la fin du 2e épisode, on a tellement de questions qui s’entrechoquent et d’attentes envers les personnages !
On nous promet une enquête pleine de suspense et de rebondissements. Hâte de voir la suite !
Arin est une jeune femme délicieuse. Sa robe à grandes fleurs nous parle du printemps. Un sourire discret illumine son visage. Elle exhale un charme subtil, un calme que l’on craint de troubler.
Lee Soo-hyuk cherche plutôt à dégager de l’assurance. Il est souriant mais contrôlé. Je n’arrive pas à le lire.
Pour tout vous avouer, j’ai deux prédilections particulières concernant Lee Soo-hyuk : sa voix et sa démarche.
Concernant sa démarche, il suffit de le voir arpenter un simple couloir de lycée dans S-Line pour que cela devienne un véritable poème en mouvement.
Quant à sa voix, je ne saurais trop vous recommander de visionner ses œuvres en version originale. Sans cela, vous risqueriez de passer à côté de toute la profondeur de son timbre. Pour être tout à fait honnête, l’entendre en personne est encore plus saisissant : une résonance plus grave, un ton encore plus profond, que les micros peinent à restituer pleinement.
| Sidus – Instagram
Les deux acteurs se présentent rapidement.
Lee Soo-hyuk (The Scholar Who Walks the Night, Doom at your service, Tomorrow, Queen Woo…) joue le détective Han Ji-wook. Il incarne un personnage qui joue un peu le rôle de fil conducteur, permettant aux spectateurs de suivre aisément le récit. Quant au personnage de Hyun-hob, joué par Arin (Alchemy of souls 2…), il possède des facultés extraordinaires, celles de voir les S-line, qui rendent possible l’existence même de l’histoire. Ensemble, les deux personnages unissent leurs forces pour résoudre diverses situations au fil des épisodes.
Je suis vraiment intriguée par ce générique qui a des images beaucoup plus explicites que ce qui peut se faire habituellement dans un drama coréen. En l’absence de la réalisatrice, c’est aux acteurs que j’ai demandé ce qu’ils en pensaient. Lee Soo-hyuk a pris la parole pour répondre.
“물론 섹시한 장면도 있긴 하지만 그것보다는 뭔가 이런 이 라인이 생긴 다음에 사람들의 변화를 중점적으로 봐주시면 더 좋을 것 같습니다.”
Lee Soo-hyuk
Lee Soo-hyuk : Certes, le sujet peut sembler provocateur et il y a sans doute plusieurs raisons à cela, mais notre intention n’était pas de mettre l’accent sur l’aspect sensationnaliste.
Nous sommes partis de l’idée que chacun, dans la vie, possède ses propres secrets, une part d’intimité dissimulée. Et nous nous sommes demandé : que se passerait-il si ces choses devenaient visibles aux yeux de tous, si l’on ne pouvait plus rien cacher ? À partir de cette réflexion, le thème s’est naturellement imposé à nous.
Il y a, bien sûr, quelques scènes suggestives, mais au-delà de cela, ce que nous souhaitons véritablement mettre en lumière, ce sont les transformations humaines qui surviennent une fois que cette frontière a été franchie.
Une jeune femme torturée
L’actrice Arin est tellement jolie et printanière dans sa robe à fleurs ! Elle est si fraîche et souriante, on a du mal à la reconnaître dans le rôle de l’asociale mal fringuée cachée derrière des lunettes fumées. J’avais envie d’en savoir un peu plus sur sa préparation pour le rôle.
“일부러 더 말투라든지 분위기라든지 텐션 자체를 현읍이에 맞춰서 많이 지냈던 것 같습니다.”
Arin
Nuits coréennes : Arin, vous êtes chanteuse dans le groupe « Oh my girl ». Vous êtes actrice; on vous a d’ailleurs vue récemment dans Alchemy of soul. On a l’habitude de vous voir maquillée, pomponnée, au top de la féminité. Pour ce rôle dans S-Line, votre personnage n’est pas au plus proche de la mode. Comment abordez-vous le fait de vous montrer sous un jour moins séduisant qu’habituellement ?
Arin : En réalité, le personnage de Hyun-hob m’a paru d’autant plus fascinant que son tempérament est à bien des égards à l’opposé du mien. C’est sans doute ce contraste qui m’a tant attirée.
Ainsi, plutôt que de mettre en avant l’image d’Arin, que beaucoup connaissent déjà, j’ai souhaité refléter fidèlement la nature brute, presque à fleur de peau, de Hyun-hob — peut-être pourrait-on dire sa “sauvagerie”.
Durant le tournage, j’ai donc essayé de vivre pleinement en tant que Hyun-hob, en adoptant volontairement sa manière de parler, son ambiance, son énergie propre !
|Lee Soo-hyuk et Arin, Interview Nuits coréennes pour S-Line – 2025 – Canneseries
Une touffe de lignes rouges
Le jour de la projection de S-Line à Cannes, dans le grand auditorium Louis Lumière, lorsqu’apparaît pour la première fois sur le grand écran le détective Han Ji-wook, joué par Lee Soo-hyuk, avec ses S-Line bien visibles, toute la salle éclate de rire. Il y en a tellement qu’on ne peut pas les compter ! Les Français dans le public sont morts de rire.
Et c’est une réaction tout à fait différente à celles des Coréens dans le drama : eux sont plutôt horrifiés devant ce débordement de partenaires sexuels.
J’ai donc voulu poser à l’acteur une question là-dessus, sur une base un peu humoristique. D’autant plus que le drama lui-même joue aussi par moments sur l’humour. En introduction je mets en avant ces différences culturelles :
Nuits coréennes : Le détective Han Ji-wook est marrant avec sa touffe de lignes rouges. Dans la série, les autres personnages ont l’air de se dire « Quelle horreur ! ». Nous les Français on se dit ouah, bravo, il a du succès ! Dans cette série vous êtes plus sexy que jamais, avec les cheveux un peu longs, un soupçon du pilosité faciale, un pantalon baggy et un air désinvolte. Si vous deviez donner un conseil à votre personnage concernant sa vie amoureuse, que lui diriez-vous ?
Ça c’était l’idée. Malheureusement, on sait bien, études à l’appui, que dans un schéma de communication, entre l’émetteur et le récepteur, une partie du message n’arrive pas ou est mal interprétée. On appelle cela des filtres de communication. Dans une interview bilingue, il faut ajouter le filtre de la traduction. Et on est d’accord, c’est un exercice difficile, surtout à la volée.
C’est donc une question légèrement différente que Lee Soo-hyuk a entendu.
La traduction : « Généralement, on vous associe directement à l’image d’une icône sexy. Mais cette fois, le rôle que vous incarnez est… comment dire… très différent. On est plutôt dans un style délibérément négligé, n’est-ce pas ? Le personnage porte des pantalons amples, n’a aucun intérêt pour la mode ou l’apparence. Dans ce contexte, comment met-on en valeur un personnage, comment exprime-t-on son charme lorsqu’il ne repose pas sur l’apparence extérieure ? Auriez-vous des conseils ou des pistes à ce sujet ? »
Adieu humour frenchie ! Et puis bon, ce n’était pas vraiment le sens de ma question.
Tant pis pour moi, la prochaine fois je travaillerai des phrases plus courtes, plus terre à terre.
Lee Soo-hyuk et Arin, pour S-Line – 2025
Du coup, la réponse de l’acteur :
Lee Soo-hyuk : Pour commencer, aussi bien du point de vue d’Arin que du mien, nous avions chacun nos habitudes, nos expériences passées. Plutôt que de dire que nous avons « abandonné » quelque chose, je dirais qu’habituellement, nous montrions des aspects très soignés, polis, esthétiques de nous-mêmes. Il est donc naturel qu’il y ait eu une part d’hésitation, de réflexion – c’était, en un sens, un défi. Mais si nous avons pu le relever, c’est parce que nous avons accordé une immense confiance au réalisateur. Il avait cette ambition sincère de faire émerger chez nous des facettes inédites, et c’est ce désir-là qui nous a donné l’élan de nous engager pleinement dans le tournage.
Au final, je crois que, pour Arin comme pour moi, cela a été une chance inestimable – cela nous a permis de nous révéler davantage en tant qu’acteurs. Et pour cela, nous sommes profondément reconnaissants envers le réalisateur.
Lee Soo-hyuk et Arin, Interview Nuits coréennes – 2025 – Canneseries
Lee Soo-hyuk termine en précisant qu’il a jusque là souvent joué des vampires, des princes, ou ce genre de personnages, et qu’il apprécie d’avoir pu jouer un homme plus ancré dans la réalité. Il espère à l’avenir se voir à nouveau proposer des rôles de gens de la vie de tous les jours.
On approuve ! On voudrait le voir plus souvent dans des rôles avec le cheveu ébouriffé.
Merci à Arin et à Lee Soo-hyuk pour cette interview, ainsi qu’à Canneseries qui a rendu cela possible.